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Rencontre avec Clarisse Virot, une parisienne créatrice de sacs ultra-désirables

Publié le 8 mars 2026 par agence

Les 1001 vies de Clarisse Virot

En 10 ans, Clarisse Virot a imposé son style joyeux et décomplexé dans l’univers des sacs de luxe. Mais le chemin fut long avant d’arriver à fonder sa propre marque. Cette femme lumineuse et chaleureuse nous raconte comment elle a dépassé toutes ses limites, et ses craintes, afin de vivre son rêve !

Votre parcours dans la mode est plutôt atypique…

Oui ! (rires) Déjà j’ai eu une enfance atypique. Mes parents étaient saisonniers, directeurs d’hôtels l’été à Saint Tropez, l’hiver à Courchevel et entre les deux, nous habitions en Auvergne. Petite, je faisais une école différente chaque trimestre. Cette enfance-là m’a donné le goût du mouvement et du voyage, mais aussi d’une certaine mode :  planquée en haut des escaliers, je voyais défiler dans l’hôtel une clientèle internationale, des jolies femmes qui aimaient bien s’habiller pour sortir. C’était les années 70 et 80 : il y avait un certain sens du style et de l’exubérance. Cela a défini mes goûts.

D’ailleurs, c’est une des clientes qui va vous mettre le pied à l’étrier !

J’avais 14 ans et Carine Roitfeld est venue à l’hôtel avec son mari et sa fille, Julia, 4 ans à l’époque. J’ai fait un peu de babysitting pour elle et elle m’a raconté son métier de jeune rédactrice mode. J’avais trouvé ma vocation ! A 18 ans, je suis montée à Paris et j’ai commencé à faire des stages dans les magazines. Mais très vite, j’ai eu envie de voir les autres métiers de la mode, notamment pour une marque, en l’occurrence Kookaï. J’ai besoin de tout le temps apprendre sinon je me lasse. Là j’ai travaillé dans les boutiques, j’ai fait les achats, puis le style et enfin la presse. Je n’ai pas fait d’école, j’ai appris sur le tas.

Comment est venue l’envie d’avoir votre propre marque ?

C’était un désir complètement enfoui. Je crois que je ne l’assumais pas parce que j’estimais ne pas être légitime… J’ai eu et j’ai encore le syndrome de l’imposteur car je n’ai pas fait d’études. C’est un regret, j’aurais dû passer par cette case étude : j’aurais pu apprendre des choses, comme la gestion, qui m’auraient épargné des soucis plus tard. Après j’ai toujours fonctionné à l’instinct et j’ai très peur du jour où je ne vais plus m’écouter moi pour écouter les gens. On nous donne des conseils tous les jours mais si on les écoute tous, on ne sait plus où aller. On perd notre identité.

On nous donne des conseils tous les jours mais si on les écoute tous, on ne sait plus où aller.

D’ailleurs votre tout premier sac ne ressemblait à aucun autre !

A l’époque, je partais en vacances à Bali, et cet été-là, je me suis fait faire par un artisan local une sorte de « camera bag » en python jaune pétant… Le soir-même, à un vernissage, toutes les femmes me demandaient où je l’avais acheté. Et ça a continué à Paris. Un ami a remarqué cet engouement et me poussait à aller plus loin. Je lui ai dit « non » pendant des mois. Et puis finalement, je me suis décidée : si nous arrivions à trouver un fournisseur à Bali pour produire des sacs de luxe à prix raisonné, on lancerait la marque. Et il se trouve que nous avons eu la chance de rencontrer un homme formidable, avec un savoir-faire exceptionnel, qui est devenu notre fournisseur exclusif. Son atelier ne travaille que pour nous, ce qui nous permet de contrôler parfaitement la qualité. Ce tout premier sac, je l’ai appelé « le charly », le nom de ma fille et il est devenu notre best-seller.

Au début, vous ne vouliez même pas donner votre nom à la marque ?

Mon associé me pressait pour trouver un nom mais tout était déposé. Il me disait de l’appeler « Clarisse Virot » et je refusais catégoriquement… Qui étais-je pour apposer mon nom sur un sac ? Mais j’ai fini par céder … j’ai mis un an à dire à mon entourage que la marque allait s’appeler « Claris Virot ». J’ai un peu transformé mon vrai nom et maintenant je m’y suis un peu plus habituée. C’est comme dissocié de moi.

J’ai mis un an à dire à mon entourage que la marque allait s’appeler « Claris Virot »

Votre patte, c’est d’abord votre travail sur la couleur, très original dans l’univers parisien et des prix accessibles pour un produit de luxe…

J’adore les couleurs et les imprimés… en all-over ou juste en touche ! Et la qualité du sac est effectivement exceptionnelle : tout est fait à la main dans notre atelier de Bali. Même la chaine du Charly par exemple est martelé à la main… C’est vraiment du luxe à un prix relativement accessible (les premiers modèles s’affichent à 350e et la moyenne est à 590e , ndlr).

La qualité du sac est exceptionnelle : tout est fait à la main dans notre atelier de Bali.

Votre emblème est le scarabée : comment est-il arrivé ?

J’aimais sa symbolique, la protection et la renaissance… mais je n’aurais imaginé qu’il prenne une telle place dans la marque ! Les clientes le veulent ! A tel point que nous leur proposons de venir en boutique pour apposer un scarabée sur leurs sacs, si elles ont les premiers modèles où ils n’étaient pas.

Paris provoque constamment des émotions de beauté

Paris vous inspire autant que les voyages ?

Paris, c’est la ville du style. Il suffit de se mettre à une terrasse de café pour avoir mille idées ! J’aime marcher dans les parcs à Paris, découvrir des petites rues du côté du Marais ou du Sacré-Cœur. Et puis Paris provoque constamment des émotions de beauté. Lorsque je me balade en scooter… Sur les quais, c’est tellement époustouflant !

Un nouveau service : le sac personnalisé.

Sur le site de la marque, un onglet propose de prendre rendez-vous à la boutique des Tuileries avec Clarisse. Sur place, elle aide la cliente à choisir une forme existante de sacs, puis le tissu, la peau ou le cuir souhaité. Puis tous les détails au goût sont personnalisés : le tipping, la métallerie, la chaine, l’étiquette, le tissu à l’intérieur du sac… L’expérience dure environ deux heures. Il est ensuite réalisé sur mesure.

Claris Virot
The 1001 Lives of Clarisse Virot

In just ten years, Clarisse Virot has made her mark in the world of luxury handbags with her joyful, uninhibited style. But the road to launching her own brand was a long one. This radiant, down-to-earth woman shares how she pushed past her limits and fears to live her dream!

Your journey in fashion is quite unusual…

Yes! (laughs) My childhood was already unusual. My parents worked seasonally — they ran hotels in Saint-Tropez in the summer, Courchevel in the winter, and in between, we lived in Auvergne. As a kid, I changed schools every term. That childhood gave me a taste for movement and travel — and also for fashion. I used to hide at the top of the stairs in the hotel, watching the international clientele — elegant women who dressed up to go out. It was the ‘70s and ‘80s: people had a real sense of style and exuberance. That definitely shaped my taste.

And in fact, one of those clients gave you your first push into fashion!

I was 14 when Carine Roitfeld came to the hotel with her husband and their daughter Julia, who was four at the time. I babysat for her a little, and she told me about her job as a young fashion editor. That’s when I knew — I’d found my calling!
At 18, I moved to Paris and started interning at magazines. But very soon, I wanted to explore the other sides of fashion — especially working for a brand. I joined Kookaï. I always need to keep learning; otherwise, I get bored. I worked in boutiques, then in buying, then styling, and finally PR. I never went to fashion school — I learned everything on the job.

When did you first think about starting your own brand?

It was a deeply buried dream. I think I didn’t allow myself to acknowledge it because I didn’t feel legitimate enough. I’ve always had — and still have — imposter syndrome, because I never studied. I do regret that; I wish I’d gone through that stage, because I could’ve learned things like management — which would’ve saved me a few headaches later on!
But I’ve always followed my instincts, and I’m terrified of the day I stop listening to myself and start listening too much to others. People give you advice every day — but if you listen to everyone, you lose your direction. You lose your identity.

“People give you advice every day — but if you listen to everyone, you lose your direction.”

Your very first bag was unlike any other!

At the time, I was on vacation in Bali, and that summer I had a local craftsman make me a kind of “camera bag” in bright yellow python. That same evening, at an art opening, every woman there asked me where I’d bought it. And it kept happening when I got back to Paris. A friend noticed all the attention and urged me to go further with it. I said “no” for months — but finally, I gave in. We decided that if we could find a supplier in Bali who could produce luxury-quality bags at a fair price, we’d launch the brand. By sheer luck, we met a wonderful man with incredible craftsmanship, who became our exclusive supplier. His workshop works only for us, which allows us to control quality perfectly. That very first bag — I named it the Charly, after my daughter — became our best-seller.

At first, you didn’t even want to use your own name for the brand?

My business partner kept urging me to pick a name, but everything I came up with was already taken. He kept saying, “Just call it Clarisse Virot!” and I flatly refused. Who was I to put my name on a bag? But eventually, I gave in… It took me a year to tell people that the brand would be called Claris Virot. I tweaked my real name slightly — and now I’ve gotten used to it. It feels a bit separate from me.

It took me a year to tell people the brand would be called “Claris Virot.”

Your signature is your use of color — very original in Paris — and your accessible prices for a luxury product.

I love colors and prints – whether all-over or just as a touch! And the quality of the bags really is exceptional: everything is handmade in our workshop in Bali. Even the chain on the Charly bag, for instance, is hammered by hand. It’s true luxury at a relatively accessible price (the first models start around €350, with an average around €590).

The quality is exceptional: everything is handmade in our Bali workshop.

Your emblem is the scarab — how did that come about?

I loved its symbolism – protection and rebirth. But I never imagined it would become such a big part of the brand! Clients love it. So much so that we now invite them to come into the store and add a scarab to their bags if they own one of the early models that didn’t have it.

Does Paris inspire you as much as travel does?

Paris is the city of style. You just have to sit at a café terrace and a thousand ideas come to you! I love walking through Parisian parks, discovering little streets around Le Marais or near Sacré-Cœur. And Paris constantly stirs emotions of beauty. Riding my scooter along the riverbanks… it’s just breathtaking.

Paris constantly stirs emotions of beauty.


A new service: Personalized handbags

On the brand’s website, a tab allows you to book an appointment at the Tuileries boutique with Clarisse herself. There, she helps each client choose an existing bag shape, then the fabric, skin, or leather they want. Every detail is customized — from the tipping, hardware, and chain to the label and interior lining. The experience lasts about two hours, and the bag is then made to measure.

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