La fondatrice de We Love Green évoque 15 ans d’innovations écologiques et d’essais plus ou moins satisfaisants pour produire un festival réellement « green ». Des solutions qui inspirent aujourd’hui nombre de pros du secteur de l’évènement !

Marie Sabot, directrice du festival We love green
We Love Green, c’est un festival de musique mais aussi un laboratoire d’expériences écologiques ?
Une sorte de plateforme d’observation du changement de nos modèles de nos métiers, je dirais. Monter un festival, c’est comme construire une petite ville : on crée l’alimentation énergétique, les transports, l’approvisionnement en denrées consommables…. Cela nous oblige à une veille sur les avancées technologiques. A We Love Green, nous sommes dans un bois. Nous n’avions pas vraiment de raccordement électrique. Cela nous a permis de tester un très grand nombre de solutions énergétiques : des panneaux solaires flexibles destinés uniquement à l’armée à l’époque, l’hydrogène, les piles chargées avec des fermes solaires…. Certaines de ces techniques sont devenues des produits standard que l’industrie du spectacle loue dans le monde entier. Je pense par exemple aux packs batteries.
Vous faites aussi un travail de rationalisation avec les artistes ?
Parfois, il suffit juste d’analyser leur fiche technique pour voir que leur matériel peut se trouver en France, pas besoin de le faire venir en jet.
Combien de temps prend le nettoyage du festival ?
Une nuit … et pourtant on a 23 hectares ! Nos festivaliers sont hyper propres et utilisent très bien les poubelles sélectives.
Tous vos déchets sont valorisés ?
On a démarré très tôt en refusant la vaisselle et la bouteille en plastique. On a une charte pour nos restaurateurs pour qu’ils fassent de la nourriture bio, avec une provenance locale… Nous sommes passés 100% végétarien en 2023, même en backstage. Certains rappeurs n’étaient pas contents, je ne vous le cache pas ! (rires) Nous avons aussi trouvé des prestataires qui proposent de la vaisselle végétale, en maïs ou du carton bio-sourcé. Et nous sommes même allées voir le Syctom pour constater ensuite concrètement comment nos déchets sont valorisés. Nous avons ainsi accompagné les débuts de la méthanisation avec la ville de Paris ! Aujourd’hui, je plaide pour la vaisselle en métal. Quant aux mégots, ils sont recyclés en Bretagne par une entreprise qui fait des briques isolantes : on a participé au lancement de cette filière.
Vous partagez vos expériences avec les autres festivals ?
Aves mes directeurs techniques, on réalise des workshops à l’attention des directeurs de festival sous la bannière d’Ekhoscènes, le syndicat des producteurs de spectacle : on y explique comment nous traitons le sujet des déchets, les transports des artistes ou de leur matériel…
Marie Sabot – Her Green Lab
The founder of We Love Green talks about 15 years of ecological innovation and experiments – some more successful than others – to create a truly “green” festival. Solutions that now inspire many professionals in the events industry.
We Love Green is a music festival, but also a kind of ecological experimentation lab?
I’d say it’s more like a platform for observing how our industry and our working models are changing. Setting up a festival is like building a small city: you create the energy supply, transportation, food provisioning, and so on. It forces us to keep a close eye on technological progress. At We Love Green, we’re located in a forest and didn’t really have an electrical connection at first. That allowed us to test a huge number of energy solutions: flexible solar panels that were originally designed only for the military, hydrogen, batteries charged by solar farms… Some of these technologies have since become standard products that the live entertainment industry rents all over the world. Battery packs, for example.
Do you also work on rationalizing things with the artists?
Sometimes it’s just a matter of reviewing their technical rider and realizing that their equipment can be sourced in France—there’s no need to fly it in by jet.
How long does it take to clean up after the festival?
One night… even though we cover 23 hectares! Our festivalgoers are extremely respectful and use the sorting bins properly.
Are all your wastes recycled or recovered?
We started very early by refusing plastic tableware and plastic bottles. We have a charter for our food vendors requiring organic food with local sourcing. In 2023 we went 100% vegetarian – even backstage. Some rappers weren’t very happy about it, I won’t hide that! (laughs) We also found suppliers offering plant-based tableware made from corn or bio-sourced cardboard. And we even went to visit the Syctom to see concretely how our waste is processed. We actually supported the early days of methanization with the city of Paris! Today, I advocate for metal tableware. As for cigarette butts, they’re recycled in Brittany by a company that turns them into insulating bricks – we helped launch that sector.
Do you share your experiences with other festivals?
With my technical directors, we run workshops for festival directors under the banner of Ekhoscènes, the union of live show producers. We explain how we deal with waste, the transportation of artists and their equipment, and other practical issues…
We Love Green, 5,6 et 7 juin 2026 dans le Bois de Vincennes.